Dans le cadre de la Semaine de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, Sandra Moreno Cadena, secrétaire exécutive de RIPESS Intercontinental, a participé à la discussion sur le rapport 2026 du Secrétaire général des Nations unies concernant la mise en œuvre de la résolution 79/213 de l’Assemblée générale sur l’économie sociale et solidaire (ESS), suivie du dialogue ministériel du Groupe des Amis de l’ESS.

Cet événement, organisé par le ministère du Travail et de l’Économie sociale d’Espagne et le Groupe de travail interinstitutions des Nations Unies sur l’économie sociale et solidaire (UNTFSSE) a réuni des gouvernements, des entités des Nations Unies et des acteurs de l’ESS issus de différentes régions afin de discuter des progrès, des défis et des priorités pour faire avancer le programme mondial de l’ESS.

De la reconnaissance à la mise en œuvre

Dans son intervention, Sandra Moreno Cadena s’est félicitée de la reconnaissance croissante de l’ESS dans les cadres juridiques, politiques et institutionnels à travers le monde, comme en témoigne le rapport du Secrétaire général. Elle a toutefois souligné que la reconnaissance à elle seule ne suffisait pas :

« La question qui se pose à nous n’est pas seulement de savoir si l’ESS est visible dans les politiques. Il s’agit de savoir si la reconnaissance politique modifie les conditions de vie, de travail et le pouvoir collectif des communautés qui construisent et bénéficient de l’ESS au quotidien. »

Le RIPESS a souligné que, bien que des progrès importants aient été réalisés, la mise en œuvre doit désormais devenir la priorité centrale.

Le financement de l’ESS

S’appuyant sur la contribution du RIPESS au rapport du Secrétaire général, Sandra Moreno Cadena a souligné l’importance de l’Engagement de Séville, adopté lors de la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement (FfD4), qui reconnaît explicitement le rôle de l’ESS et des coopératives, ainsi que la nécessité de mécanismes de soutien financiers et non financiers spécifiques.

Elle a souligné que cette reconnaissance offre une occasion unique de développer :

  • des guichets de financement dédiés à l’ESS,
  • des mécanismes de garantie,
  • des stratégies des banques publiques de développement,
  • des instruments de finance solidaire.

Le RIPESS a appelé les États membres et les institutions financières à transformer les engagements politiques en outils concrets qui profitent aux territoires organisés, aux femmes, aux jeunes, aux travailleurs du secteur informel, aux petits producteurs et aux communautés marginalisées.

Placer l’ESS au cœur de la justice climatique

L’intervention a également souligné la nécessité de placer l’ESS au cœur de l’action climatique et de la mise en œuvre des mesures climatiques.

Évoquant la participation de RIPESS à la Climate Week NYC, Sandra Moreno Cadena a mis en avant des opportunités émergentes telles que le volet « Actions climatiques menées localement » du Fonds vert pour le climat, qui ouvre de nouvelles voies pour le financement de réponses communautaires à la crise climatique.

Le RIPESS a appelé à ce que des approches similaires soient reproduites dans l’ensemble des agendas thématiques et des mécanismes de financement des Nations unies, démontrant ainsi la capacité des acteurs de l’ESS à contribuer à la réalisation des Objectifs de développement durable, des engagements climatiques et du financement des priorités de développement.

Un programme en faveur des droits de l’homme

Le RIPESS a en outre souligné que la mise en œuvre de la résolution 79/213 est indissociable de la promotion des droits de l’homme.

Sa mise en œuvre doit renforcer :

  • le travail décent,
  • la souveraineté alimentaire,
  • les systèmes de soins,
  • le logement, les droits fonciers et les droits à l’eau,
  • l’égalité et la participation démocratique,
  • les droits des paysans,
  • les droits des peuples autochtones.

À une époque marquée par des inégalités croissantes, des conflits et un rétrécissement de l’espace civique, elle a réaffirmé l’importance de protéger l’autonomie des mouvements sociaux et des organisations communautaires.

Unir nos forces pour la prochaine étape

En conclusion de son intervention, Sandra Moreno Cadena a appelé à une collaboration renforcée entre les gouvernements, les agences des Nations unies, les institutions financières et les réseaux de l’ESS :

« Il est temps pour nous d’unir nos forces, nos moyens et nos stratégies, et d’aller plus loin, plus vite et plus fort qu’au cours de la dernière décennie. C’est maintenant qu’il faut agir. »

Elle a conclu par un rappel qui reflète l’esprit de coopération au cœur de l’économie sociale et solidaire :

« L’union fait la force, la division nous affaiblit. »

Regarder l’intervention

🎥 Vidéo de l’intervention : https://youtu.be/fF2PVRSysb0

Ressources connexes

📄 Contribution du RIPESS au rapport 2026 du Secrétaire général des Nations unies sur la mise en œuvre de la résolution 79/213

📄 Consultez le rapport 2026 du Secrétaire général des Nations unies sur l’ESS.

📄 Consultez la résolution 79/213 de l’Assemblée générale des Nations unies relative à la promotion de l’économie sociale et solidaire au service du développement durable.

📄 Lee el Informe de 2026 del Secretario General de la ONU sobre la ESS.

📄 Lea la Resolución 79/213 de la Asamblea General de las Naciones Unidas sobre la promoción de la economía social y solidaria para el desarrollo sostenible.