Souveraineté alimentaire

SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE, AGRICULTURE SOUTENUE PAR LA COMMUNAUTÉ ET ESS

De quoi parle-t-on? Quels défis?

 

Les agriculteurs à eux seuls ont assumé les risques du marché mondial de plus en plus impitoyable, ce qui a forcé des millions d’entre eux à quitter leurs terres. L’agriculture paysanne est constamment menacée par l’agriculture industrielle, du fait de l’accaparement des terres sachant que les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) utilisent des techniques difficilement détectables (CRISPR), et le brevetage de semences par les grandes entreprises. Les aliments industriels contiennent des pesticides et sont largement transformés et vendus à bas prix dans de grands hypermarchés appartenant aux mêmes conglomérats qui possèdent la terre, cultivent les aliments et les transforment. La nourriture organique saine est inaccessible pour les personnes exclues socialement, et dans les hypermarchés les prix établis font que seuls les plus riches peuvent se les permettre. En outre, l’industrie alimentaire et agricole maltraite les travailleurs (souvent sans-papiers, vivant et travaillant dans des conditions proches de l’esclavage), les animaux sont élevés dans des exploitations intensives (« CAFO »), soignés avec des antibiotiques et vivent dans des conditions inhumaines. Les scandales alimentaires sont de plus en plus fréquents, et selon l’OMS, il ne s’agit que d’une question de temps avant qu’une maladie grave ne franchisse la barrière animale / humaine avec des conséquences désastreuses.

Dans ce contexte, le mouvement de la souveraineté alimentaire est né en 1993, avec la création de la Via Campesina et la lutte pour organiser les petits producteurs alimentaires et lutter pour retirer l’alimentation – un droit humain fondamental – de l’OMC. Le Comité International de Planification pour la Souveraineté Alimentaire a été officiellement créé à Rome en 2003, suite à l’organisation à Rome du Forum sur la sécurité alimentaire en 1996 à l’initiative de différents mouvements sociaux impliqués dans la souveraineté alimentaire (paysans, pêcheurs, éleveurs, peuples indigènes … ). Le premier forum pour la souveraineté alimentaire s’est tenu à Rome en 2002 et le Forum Nyéléni pour la souveraineté alimentaire a s’est tenu au Mali en 2007. (Cliquer ici pour plus d’informations).

 

Quelles pistes de travail à l’échelle intercontinentale?

 

Urgenci International Community Supported Agriculture (CSA) Network (Réseau de l’Agriculture Soutenue par la Communauté) est une organisation internationale qui est membre formel du Conseil d’Administration de RIPESS depuis septembre 2016, et membre de RIPESS EU depuis de nombreuses années. C’est un réseau international de réseaux nationaux et régionaux qui représente près de 2 millions de producteurs et de consommateurs à l’échelle mondiale, présent sur tous les continents du monde. Les initiatives de CSA existent sous des formes diverses dans les différentes parties du monde (voir carte des CSA dans le monde), en fonction des spécificités sociales, historiques, géopolitiques, agricoles et économiques de chaque pays ou région où elles se sont développées.

Actuellement, URGENCI est le mouvement de référence qui oriente le RIPESS au niveau intercontinental sur les questions de souveraineté alimentaire, principalement sur les actions de plaidoyer et de politiques, ainsi que au travers des membres de son réseau sur chaque continent. Les membres continentaux de RIPESS quant à eux ont leurs propres orientations concernant l’ESS et la souveraineté alimentaire.

L’agriculture soutenue par la communauté (CSA), en tant qu’exemple d’approche et de mouvement fondé sur deux piliers fondamentaux – la souveraineté alimentaire et l’économie solidaire – fait d’Urgenci un réseau mondial membre naturel de RIPESS.

Urgenci appelle à la souveraineté alimentaire avec la Via Campesina et d’autres acteurs de la société civile et contribue activement aux droits de l’homme, en particulier le droit à l’alimentation et à la nutrition, à travers FIAN.

Exemple d’actions concrètes réalisées à l’échelle internationale, principalement axées sur le travail de plaidoyer, à savoir :
Participer à des groupes de travail sur les politiques  dans le cadre du Mécanisme de la Société Civile du Comité sur la Sécurité Alimentaire afin de développer collectivement les positions de la société civile alignées sur les documents de politiques qui se préparent chaque année sur le sujet. Ces positions sont ensuite négociées avec les États pour parvenir à la politique votée consensuellement par le Comité des Nations Unies sur la Sécurité Alimentaire et la Nutrition.
Mise à disposition de recherches fondées sur des preuves, des faits et des chiffres pour étayer nos positions.
● Participer, et faire des apports collectifs avec d’autres mouvements sociaux, aux différentes consultations bi annuelles de la FAO auprès de la société civile dans les différentes régions, au travers du processus Nyéléni au niveau mondial.
● Contribuer avec le RIPESS aux processus de mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable.
● S’assurer que les questions liées à l’alimentation en économie solidaire soient prises en compte dans le travail du RIPESS, et notamment ans le Groupe de travail interinstitutionnel des Nations Unies sur l’Économie Sociale et Solidaire (SSE Taskforce).

 

Quelques résultats intéressants

 

Apporter des contributions à différentes politiques, que ce soit sur le changement climatique, la perte et le gaspillage des aliments, ou encore la mise en relation des petits producteurs avec les marchés.
● Au fil des années, plusieurs membres d’URGENCI ont fait des contributions importantes dans le cadre du Mécanisme de la Société Civile (CSM), notamment grâce à Shi Yan, actuellement Vice-Président d’URGENCI, qui a été désigné comme référent à l’occasion d’un Forum de Haut Niveau des Nations Unies sur la mise en relation des petits exploitants aux marchés. Le CSM est un organe unique au sein des institutions des Nations Unies, dans le cadre duquel  la société civile, représentée par toutes les circonscriptions (paysans, pêcheurs, éleveurs, peuples indigènes, femmes, jeunesse, travailleurs agricoles et consommateurs) joue un rôle à égal avec les États dans le développement des politiques alimentaires.

Contribution au processus d’Habitat lll et à la rédaction du Nouvel Agenda Urbain afin de s’assurer collectivement qu’il y soit fait mention de l’économie solidaire et des Fonds d’investissement foncier communautaire afin d’éviter les spéculations sur la terre, d’assurer l’accès à l’alimentation, et de construire des systèmes alimentaires territoriaux.
Participation aux réunions des groupes d’experts à l’ONU à New York sur SDG2 (ODD2) avant le HLPF de juin 2017 et à la réunion du groupe d’experts à New York sur l’Agenda Urbain et la mise en œuvre des ODD.
Mise en place de Chartes de CSA dans différents continents (Europe, États-Unis et Canada)
Publication de la cartographie des CSA en Europe et d’un livre sur l’accès à la terre en Europe.

 

Ressources de référence

 

Déclarations importantes :

Manuels de référence :

  • Le European Handbook on CSA (Manuel Européen sur les CSA) a été publié dans le cadre du projet de CSA pour l’Europe coordonné par Urgenci, mis en oeuvre entre 2011 et 2013 avec 8 pays partenaires. Ce fût le premier travail collectif des membres d’Urgenci!
  • Le “Be part of CSA!” Booklet (« Rejoins un CSA! ») est un manuel pour réaliser des formations auprès de nouveaux membres de CSA pour enseigner les bases de la construction d’une communauté CSA et se lancer dans l’aventure!
  • Sharing the Harvest (Partager la récolte) de Elizabeth Henderson (Anglais et Espagnol)
  • La Page de ressources du réseau UK CSA
  • Accès à la terre

Ressources additionnelles du site de Urgenci :

 

Quelques sites web de référence